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Pourquoi le revêtement plastique des parois latérales du silo d’ensilage est-il si important?

Pourquoi le revêtement plastique des parois latérales du silo d’ensilage est-il si important?

Si vous gérez un silo couloir, un constat revient sans cesse: le pire ensilage se trouve rarement au centre. Il se situe généralement sur les bords, dans les angles, sur les épaules et le long des parois.

Pour étayer les arguments présentés dans cet article, nous nous appuyons sur les analyses de trois docteurs (PhD) spécialisés en nutrition et en ensilage. Il s’agit de Dr. Megan Smith, experte mondiale en ensilage et foin; Dr. Rafael Amaral, professionnel reconnu et zootechnicien, titulaire d’un master et d’un doctorat en sciences animales avec plus de 20 ans d’expérience; et Dr. Renato Schmidt, spécialiste des produits fourragers.

Comme le souligne clairement Dr. Megan Smith, l’interface entre l’ensilage et la paroi du silo est l’une des zones les plus vulnérables de l’ensemble du système. Ces zones sont difficiles à compacter correctement, présentent une densité plus faible et une porosité plus élevée, et deviennent donc la voie la plus facile pour l’entrée d’oxygène.

Et lorsque l’oxygène pénètre… la qualité diminue.

Les parois d’un silo d’ensilage sont des zones à haut risque

Les côtés et les épaules d’un silo couloir présentent des désavantages structurels:

  • moins de compaction uniforme;
  • une porosité plus élevée;
  • des microcanaux par lesquels l’air peut circuler.

Dr Smith explique que sans plastique latéral, une voie se crée pour: l’infiltration d’oxygène, une activité aérobie prolongée, la prolifération des levures et des moisissures, la perte de stabilité de la fermentation et l’accélération des pertes de matière sèche (MS).

En termes simples: une densité plus faible + une porosité plus élevée = une exposition accrue à l’oxygène.

Image d’un silo tranchée avec parois verticales

Silo à ensilage à parois verticales

L’oxygène est le facteur déclencheur (et non «simplement les moisissures»)

Dans l’interview avec le Dr Rafael Amaral, également connu sous le nom de Doctor Silage, réalisée par Melissa Mayoral, responsable export pour le marché brésilien chez Armando Alvarez Group, le message était le même: l’oxygène et l’ensilage ne font pas bon ménage. L’oxygène rompt le principe de conservation en déclenchant des altérations aérobies et, avec elles, des pertes.

Cela est important car les «moisissures» sont généralement ce que l’on voit, mais elles sont rarement le seul facteur.

En réponse à une question sur les pertes typiques dans un silo non revêtu, le Dr Megan Smith a cité des recherches antérieures indiquant que les pertes pouvaient atteindre jusqu’à 20 % de la matière sèche dans des silos qui ne sont pas correctement protégés.

Elle ajoute un point essentiel: ces pertes ne seraient pas uniquement dues aux moisissures, mais aussi à d’autres organismes de détérioration, à une mauvaise fermentation et à une perte globale de nutriments, fortement dépendante des pratiques de gestion.

En résumé: l’oxygène est la cause principale des moisissures et les parois sont généralement l’endroit où il «l’emporte» …

Points chauds: ce que votre thermomètre vous indique

Le Dr Smith souligne que la présence d’oxygène au niveau des parois provoque souvent une élévation de la température et un échauffement secondaire lors de l’alimentation, créant des «points chauds» où:

  • les nutriments sont perdus par respiration,
  • l’appétence diminue (l’animal trouve l’aliment moins attrayant),
  • l’ingestion est plus faible et les performances animales sont réduites.

Dans ce cas, comme l’explique le Dr Schmidt, les inoculants microbiens peuvent aider à améliorer la fermentation (en abaissant plus rapidement le pH, en réduisant les fermentations indésirables) et/ou à améliorer la stabilité aérobie lors de l’alimentation (en contrôlant les levures, en réduisant l’échauffement), selon le type d’inoculant.

Image d’un ensilage sans film barrière

Ensilage sans film barrière

Le plastique recouvrant les parois latérales offre plus de protection que la qualité de l’ensilage

Un point souvent négligé: la protection adéquate du silo est essentielle.

La fermentation produit des acides organiques. Sans plastique latéral, ces acides peuvent entrer en contact direct avec le béton, entraînant à terme une dégradation chimique, une érosion de surface et des coûts de maintenance plus élevés.

C’est pourquoi le revêtement des parois latérales du silo couloir n’est pas simplement un «ajout esthétique»: c’est une gestion des risques, à la fois pour l’alimentation et pour l’infrastructure.

Les coûts annuels de protection des parois latérales avec du plastique, très efficace, sont bien inférieurs aux coûts à long terme liés au remplacement ou à la rénovation des parois des silos en raison de l’érosion du béton causée par un pH bas.

Où se situent les inoculants (et où ne le sont-ils PAS)?

Voici le changement de perspective essentiel:

  • plastique latéral + étanchéité (et film barrière à l’oxygène) = contrôle de l’entrée d’oxygène
  • inoculants = contrôle des micro-organismes qui dominent la fermentation et/ou la stabilité aérobie

Vous avez besoin des deux, mais ils répondent à des problématiques différentes.

La fermentation est une guerre (et ce sont les micro-organismes qui font le travail)

Dans le webinaire présenté par le Dr Schmidt, la fermentation est décrite comme une «guerre» entre les «bons» (bactéries lactiques) et les «mauvais» (levures et moisissures, entérobactéries, clostridies). L’issue dépend des espèces qui deviennent dominantes.

Mais ce même séminaire met en évidence un point clé: la présence d’air dans la masse de fourrage est un facteur principal qui affecte négativement le processus. C’est pourquoi le plastique latéral est si important: si l’oxygène pénètre en continu par les parois et les épaules, vous donnez aux «mauvais» un avantage constant, quel que soit l’inoculant utilisé.

Les inoculants NE remplacent PAS une gestion adéquate

Cela mérite d’être souligné:

«Les inoculants ne remplacent pas une gestion adéquate de l’ensilage»

Traduction pratique: si l’ensilage n’est pas recouvert de plastique, si la compaction sur les côtés est insuffisante, si la surface est irrégulière ou si la couverture perd son étanchéité, les inoculants aident… mais ils ne peuvent pas «annuler» l’apport continu d’oxygène.

Inoculants microbiens dans l’ensilage

Ensilage de maïs

Deux objectifs des inoculants: «front-end» vs «back-end»

Dans le webinaire, le Dr Schmidt distingue deux principales utilisations:

  1. Stimulants de fermentation («front-end»): Ils abaissent rapidement le pH, minimisent la respiration des plantes et préviennent les mauvaises fermentations, maximisant ainsi la rétention des nutriments (meilleure récupération de la MS, des protéines et de l’énergie).
  2. Améliorateurs de la stabilité aérobie («back-end»): Un pH bas à lui seul n’inhibe pas la croissance des levures, et celles-ci peuvent utiliser l’acide lactique comme substrat et initier la détérioration aérobie.

En effet, il est souligné qu’il est nécessaire de ralentir la croissance des levures, responsables de plus de 99 % des phénomènes d’échauffement.

Cela est directement lié aux parois: les bords et les épaules sont souvent les zones où les problèmes de «back-end» apparaissent en premier.

La valeur des inoculants de stabilité aérobie dans la chaîne d’approvisionnement

Le webinaire explique que certaines bactéries hétérofermentaires produisent de l’acide acétique, qui contrôle les levures sauvages et améliore la stabilité aérobie. Il met également en évidence le rôle de L. buchneri 40788 dans l’extension de la durée de conservation, la réduction des pertes de matière sèche, ainsi que le maintien de la stabilité et de l’hygiène.

En pratique:

  • si votre système est vulnérable sur les bords (ce qui est le cas de la plupart), la stratégie de stabilité aérobie est essentielle;
  • mais elle fonctionne beaucoup mieux lorsque vous réduisez l’entrée d’oxygène en recouvrant les parois latérales avec du plastique et en utilisant un système d’étanchéité de haute qualité (films barrière à l’oxygène).

Gestion des inoculants: vous ne pouvez pas tirer parti de ce que vous «tuez»

Il est essentiel de rappeler que les inoculants sont des organismes vivants et doivent être correctement gérés: suivre les instructions du fabricant, nettoyer/désinfecter/calibrer les applicateurs, appliquer de manière uniforme, protéger de la chaleur, de la lumière du soleil et de l’humidité.

Si vous utilisez des inoculants, traitez cette étape avec le même sérieux que le tassage.

Image d’un film barrière à l’oxygène Siloseal

Film barrière à l’oxygène siloseal

Point technique concernant les films: les plastiques standards laissent également passer l’oxygène

Le Dr Rafael Amaral, également connu sous le nom de Doctor Silage au Brésil, partage un fait souvent sous-estimé: même des films standards de bonne qualité peuvent être perméables.

Dans sa thèse, un film conventionnel double face laissait passer environ 1 litre de O₂ par m² et par jour à 23 °C.

En revanche, les films barrières utilisant des polymères à faible perméabilité, tels que l’EVOH (alcool vinylique éthylène), peuvent réduire drastiquement le transfert d’oxygène (d’environ 1 litre à ~10 ml), et c’est là que «la magie opère»: moins d’oxygène → moins de détérioration.

Cela s’applique parfaitement aux parois:

  • il existe déjà un risque plus élevé en raison de la compaction;
  • si le système de couverture permet un transfert d’oxygène plus important, le risque se multiplie.
Image montrant l’érosion du mur d’ensilage

Érosion de la paroi du silo d’ensilage

Conclusion: une approche pratique pour réduire les pertes dans les parois latérales du silo couloir

Le Dr Smith le dit sans détour: le revêtement plastique des parois latérales n’est pas un «extra». Si vous ne protégez pas ces parois, vous ne contrôlerez pas pleinement les niveaux d’oxygène, vous accepterez un risque plus élevé de détérioration et vous comprometterez la qualité de l’alimentation ainsi que la durée de conservation du silo.

Une approche possible serait:

1. Compacter pour maintenir la densité, en particulier au niveau des épaules et des côtés

2. Revêtement latéral pour bloquer les voies d’entrée de l’oxygène et protéger le béton

3. Étanchéité de haute qualité (utiliser des films barrière à l’oxygène) pour réduire le transfert de O₂

4. Stratégie d’inoculants adaptée au risque

a. «Front-end» pour le contrôle de la fermentation (forte humidité, risque clostridien, etc.)

b. «Back-end» pour la stabilité aérobie lors de la distribution (contrôle des levures)

5. Application correcte des inoculants (calibrage, propreté, uniformité ; ne pas détruire les micro-organismes)

6. Discipline lors de la distribution (gestion de la surface + contrôle de l’échauffement)

 

 

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